|
L’éducation préscolaire est destinée
aux enfants de 3 à 6 ans. Elle a pour objectif majeur
de préparer l’enfant à aborder avec
succès les apprentissages scolaires et joue un rôle
essentiel en ce qu’elle met en place les bases de
l’édifice c’est à dire toutes
les dispositions et les potentialités que l’enseignement
élémentaire aura à développer
et à faire éclore.
Accès
Ce sous-secteur connaît une progression très
timide en dépit de la multiplicité et de la
diversité des initiatives individuelles et / ou collectives
pour tenter d’apporter une réponse aux préoccupations
des familles aussi bien en milieu urbain qu’en milieu
rural.
Le rythme de développement de l’éducation
préscolaire est lent : environ 3% des enfants de
3 – 6 ans sont pris en charge.
Et malgré la « libéralisation »
intervenue en 1994 (décret
94 – 82 du 23 décembre 1994), l’accès
est encore particulièrement sélectif, faisant
de cet ordre d’enseignement un « truc de riches
». Cela pose d’ailleurs un problème d’équité
qu’il importe de résoudre dans les meilleurs
délais.
Voir statistiques de l'éducation ... Nombre
d’établissements et effectifs.
Mais depuis le forum de Dakar en Avril 2000 , le Sénégal
s’est résolument engagé à développer
le sous-secteur de la Petite Enfance.
La création du département ministériel
chargé de la Petite Enfance en est une illustration
et montre que notre pays vient de franchir un cap important
pour offrir un cadre propice pour l’épanouissement
des tout petits.
Le programme de construction et d’animation de la
case des tout petits qui accompagne la création de
ce ministère apparaît comme une avancée
significative dans la prise en charge des jeunes enfants.
Ainsi la prise en charge devient une priorité de
l’état qui ambitionne:
- de relever le taux de pré scolarisation d’environ
3 % en 1998 à 30 % en 2010 en accueillant un total
estimé à 425 000 enfants de 2 à 6
ans non révolus;
- de promouvoir , parallèlement au développement
du privé et du préscolaire public, un modèle
d’éducation préscolaire de type communautaire,
moins onéreux et adapté aux réalités
culturelles.
Cela passera par :
- la réhabilitation de toutes les écoles
maternelles existantes;
- l’expérimentation de modèles dans
30 structures de prise en charge de la petite enfance,
sur une échelle de 6 régions, de 2001 à
2003;
- l’extension des modèles et l’amélioration
des structures existantes de 2004 à 2006;
- l’évaluation de l’expérimentation
en vue d’une généralisation de 2007
à 2010
Parallèlement, il y a le programme de la case des
tout-petits qui ambitionne de construire et d’équiper
28 000 cases d’ici l’an 2010.
Qualité
La qualité et l’efficacité des apprentissages
dans les structures préscolaires dépendent
en grande partie de la compétence des éducateurs
et donc de la formation initiale et continue qu’ils
reçoivent. Or, ce secteur est marqué aujourd’hui
par la diversité des types de personnel qui y officient
: les éducateurs préscolaires, les maîtres
polyvalents sortant des EFI, le personnel des structures
privées et communautaires, n’ayant pas pour
la plupart reçu de formation professionnelle initiale,
les animateurs polyvalents.
D’autre part, la nouvelle vision holistique de prise
en charge de la petite enfance dicte la nécessité
d’intégrer un paquet de services en éducation,
en santé et en nutrition. En effet la santé
et la nutrition scolaires sont en relation étroite
avec les performances scolaires. Pour beaucoup d’enfants
victimes des maladies handicapantes, de malnutrition ou
orphelins du SIDA, les chances sont minces d’achever
correctement un cursus éducatif. La situation au
sein du secteur éducatif appelle une action immédiate
par le biais d’un programme de santé à
l’école qui s’insère également
dans le curriculum, malgré sa spécificité.
Dès lors il s’agit :
- de mettre en œuvre un paquet de services articulé
autour des dimensions : éducation, santé
et nutrition;
- d'élaborer et mettre en œuvre un dispositif
unique de formation en vue
- de former les moniteurs des structures privées
et communautaires suivant l’approche holistique;
- de former les animateurs polyvalents des cases des
tout-petits;
- de renforcer les compétences des éducateurs
et inspecteurs préscolaires dans le cadre des
programmes de formation continuée.
- de favoriser la recherche et le développement
d’un matériel et des équipements adaptés;
- d’élaborer et de mettre en oeuvre un curriculum
adapté à la nouvelle option
Gestion
La gestion du secteur de l’éducation préscolaire
a connu durant des années de graves difficultés
qui ont freiné son essor sur tous les plans. Ces
difficultés se résument aux constats suivants:
- manque de cohérence et de synergie dans le pilotage
global et dans le cadre des interventions;
- rigidité des textes réglementaires, méthodes
et techniques administratives de gestion qui s’adapte
difficilement aux contraintes réelles en ressources
humaines et matérielles;
- l’absence de formation continue des cadres à
une gestion administrative efficace et moderne;
- l’absence d’un dispositif d’évaluation
et d’une planification efficace des moyens pour
améliorer la qualité des prestations.
C’est pourquoi l’amélioration de la
gestion devrait reposer sur les actions fondamentales suivantes
:
- renforcement des capacités de gestion des Inspecteurs
des Directeurs et Educateurs tant en formation initiale
que continuée et promotion de la participation
de la communauté et des familles dans la prise
en charge du jeune enfant;
- modernisation de la gestion du secteur par l’utilisation
des nouvelles technologies de l’information et de
la communication;
- réactualisation et réorganisation des
textes pour une plus grande cohérence avec la dynamique
de décentralisation et de déconcentration
et l’option d’intégration des aspects
sanitaires nutritionnels et éducationnels dans
les cases des tout-petits tout en veillant au renforcement
de la cohésion d’ensemble du secteur;
- rationalisation de l’utilisation des ressources
humaines disponibles.
|